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Salar de Uyuni à vélo (16 Septembre 2010)

Traversée du Salar de Uyuni jusqu'à Isla Incahuasi depuis la rive orientale à Colchani. Nuit au refuge de Isla Incahuasi.

Le Salar


Après une vingtaine de minutes de piste chaotique, le chauffeur nous dépose à Colchani, devant l’entrée du salar. Il pointe vaguement une direction du doigt vers l’ouest, notre objectif l’Isla Incahuasi se trouve à 70 kilomètres mais nous ne la voyons pas encore. Seul l’hôtel de sel situé à quelques kilomètres est visible depuis la rive du salar.
Le chauffeur ne tarde pas, il repart vers ses activités à Uyuni ; nous voilà maintenant seuls avec nos vélos et nos sacs que nous ficelons sur les porte-bagages. L’air est calme, le silence absolu, la réverbération intense. Nous sommes de toute façon bien équipés ; les lunettes et chapeaux sont indispensables sur ce miroir chauffé à blanc. C’est un univers d’une beauté saisissante et qui ne semble pas fait pour l’homme. C’est pourtant le lot quotidien des riverains qui exploitent le sel.

Situé à 3660 mètres d’altitude, le salar de Uyuni est le vestige d’une ancienne mer asséchée qui couvrait une grande partie de l’Altiplano. Ses dimensions énormes de 150 kilomètres sur 100 en font la plus grande croûte de sel au monde. Sa surface parfaitement plane est constituée de millions de polygones formés par le vent lorsque s’évaporent les eaux après la saison des pluies. A l’ouest l’étendue de sel se perd dans le néant. Le seul point reconnaissable est le volcan Tunupa, au nord, qui domine le salar tel un gardien. La progression dans cet univers blanc a quelque chose d’irréel. Seuls les craquements de sel sous les pneus atténuent le silence de cathédrale qui y règne.

Après une heure de trajet, nous arrivons à l’hôtel de sel où nous profitons pour faire une pause et prendre un café. Des murs aux tables en passant par les lits, tout est fait en bloc de sel, en harmonie complète avec le paysage environnant, à l’image d’un igloo dans l’arctique. Seul le gérant est présent, personne d’autres dans les alentours.
Nous continuons toujours vers l’ouest ; plus loin, se dessinent des pistes noircies par le trafic qui partent dans toutes les directions. Nous ne savons pas exactement laquelle suivre et nous optons, à l’appui du gps, pour une piste moins marquée que les autres. A partir de ce moment nous mesurons pleinement la dimension du désert de sel qui s’étend autour de nous, les seuls repères que nous avons sont les volcans qui dessinent au loin les contours du salar. Autant dire qu’ils nous paraissent bien loin ! On se sent alors vraiment privilégiés de se retrouver ainsi seuls au milieu de nulle part. Parcourir le salar est et restera une expérience inoubliable, difficile à décrire.

Il est impossible de juger notre progression étant donné l’absence de repère, c’est pourquoi le gps s’avère bien utile, on a ainsi une idée de la distance parcourue et de ce qu’il reste à faire.
Après 40 kilomètres, un point noir émerge au loin et semble danser au-dessus du salar, c’est sans doute notre fameuse île ? Les kilomètres passent, et notre point grossit, s’allonge, toujours posé au-dessus du salar dans l’air vibrant. Il devient alors évident que notre objectif du jour pointe à l’horizon. Bientôt nous distinguons les fameux cactus géants.
Nous effectuons des pauses à intervalle régulier afin de nous hydrater et prendre quelques forces, nous progressons ainsi régulièrement. Une journée entière au milieu du désert blanc peut paraître monotone mais on ne se lasse pas d’admirer la chaîne de volcans au loin, un des plus beaux paysages de carte postale.

Salar de Uyuni

Salar de Uyuni Salar de Uyuni
L'hôtel de sel.

Salar de Uyuni Salar de Uyuni
Salar de Uyuni Salar de Uyuni

Salar de Uyuni
A 30 kilomètres de l'Isla Incahuasi.

Isla Incahuasi


Nous atteignons l’île vers 16h30. L’arrivée est d’autant plus appréciable lorsqu’on a passé la journée à traverser l’étendue de sel et mesuré la dimension exceptionnelle de ce lieu. L’Isla Incahuasi semble surgir d’un océan immaculé ; comme le sommet d’une montagne au-dessus d’une mer de nuages.
L’île d’origine volcanique est colonisée par des centaines de cactus candélabres. Ce sont de véritables arbres de six mètres de haut, certains atteignant dix mètres seraient millénaires. Le rocher n’est pas très grand, seule une poignée de personnes y vit pour accueillir les visiteurs. Il y a même un petit restaurant où nous allons déjeuner. Un vieil homme vient nous voir, il nous apporte le livre d’or des voyageurs qu’il conserve depuis quelques années comme une relique. Il y a beaucoup à lire. Certains voyageurs racontent leur périple depuis l’Alaska, d’autres ont même collé des photos. Nous sommes contents de laisser un mot et ajouter nos noms à ce club exclusif. Seuls les cyclotouristes (les purs et durs et ceux d’un jour) ont le droit de le signer et de passer la nuit sur le rocher. Pour quelques bolivianos, nous pouvons dormir dans le refuge, certes sommaire, mais disposant d’une vue inoubliable sur le salar.

Le soleil est déjà bas à l’horizon et nous profitons des derniers moments de lumière pour explorer les lieux. Les rayons rasants du soleil qui s’enfonce dans le salar jettent des teintes mauves sur les hexagones au sol alors que l’horizon devient jaune. Ce soir nous sommes seuls à profiter de ce moment magique. Lorsque la nuit tombe, nous ne tardons pas à nous coucher, la journée fut intense.

Salar de Uyuni Salar de Uyuni

Salar de Uyuni Salar de Uyuni
Salar de Uyuni Salar de Uyuni
Coucher de soleil sur l'Isla Incahuasi et le volcan Tunupa au loin.

Salar de Uyuni

Pratique


  • Tarif du refuge Isla Incahuasi : 20 bolivianos.
city Colchani, Provincia de Daniel Campos trend Profil
mountain 3710 m (Isla Incahuasi) dl GPX
km 69 km (asc 50 m desc 50 m) ge KML

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